Prendre sa retraite au Maroc : avantages, inconvénients et vrais chiffres
Le Maroc reste l'une des destinations les plus avantageuses pour un retraité français : aucun visa, une vie 45 % moins chère qu'en France, et un impôt presque nul. Une pension de 1 500 € par mois virée en dirhams supporte environ 68 € d'impôt marocain par an, pensions de fonctionnaire comprises, et plus de CSG. En contrepartie : une carte de séjour à renouveler chaque année, des soins remboursés au tarif marocain et très peu de maisons de retraite médicalisées.
Par Gérard Lamothe · chiffres vérifiés le 12 octobre 2026


La retraite au Maroc en 10 chiffres
Retraite au Maroc : avantages et inconvénients
Les inconvénients
- Les soins sont remboursés au tarif marocain : 80 MAD pour un généraliste, quand la consultation privée coûte 200 à 300 MAD.
- Très peu de maisons de retraite médicalisées, presque rien pour une dépendance lourde.
- Une carte de séjour renouvelée chaque année, avec une liste de pièces qui change d'un commissariat à l'autre.
- La chaleur de l'intérieur : 26 jours par an au-dessus de 40 °C à Marrakech, 20 à Fès.
Les avantages
- Un impôt presque nul : abattement de 70 % puis réduction de 80 % sur la pension virée en dirhams.
- Les pensions de fonctionnaire sont imposées au Maroc aussi, une exception rare parmi les conventions françaises.
- Une vie 45 % moins chère qu'en France, et une aide à domicile accessible.
- Le français partout dans l'administration et les banques, et la même heure qu'à Paris de fin octobre à fin mars.
Votre pension française, en niveau de vie au Maroc
Avec un indice de 55, une pension de 1 500 € fait vivre au Maroc comme environ 2 700 € en France. L'écart est le plus fort sur le logement, les services et l'aide à domicile ; il disparaît sur les produits importés, la voiture et l'école française.
Le détail pour 1 200, 1 500 et 2 000 € : budget d'un retraité au Maroc.
Partir à la retraite au Maroc : les étapes
SE 350-07 et CFE
Le SE 350-07 auprès de la caisse qui verse la pension ; la CFE avant le départ ou dans les 3 mois, sans carence.
Compte et bail
Compte en dirhams convertibles avec le passeport, bail légalisé à la commune.
Carte « visiteur »
Dépôt au commissariat ou à la gendarmerie : le récépissé vaut titre provisoire.
Pension en dirhams
Compte ordinaire en dirhams, nouveau RIB aux caisses : c'est lui qui ouvre la réduction de 80 %.
Déclaration SIMPL-IR
Déclaration en ligne des revenus de l'année, avec l'attestation bancaire de transfert.

Le piège du Maroc : laisser sa pension arriver sur un compte français. Sans virement direct de la caisse vers un compte ordinaire en dirhams, la réduction de 80 % saute, et l'impôt est multiplié par cinq. Ouvrez ce compte dès que vous avez le récépissé de votre carte.
Les questions sur la retraite au Maroc
Les retraités français paient-ils des impôts au Maroc ?
Oui, mais très peu. Résident fiscal marocain, vous êtes imposé au Maroc seulement, avec un abattement de 70 % puis une réduction de 80 % de l'impôt si la pension est virée en dirhams : environ 68 € par an pour 1 500 € de pension par mois.
Faut-il un visa pour prendre sa retraite au Maroc ?
Non. Un Français entre avec son passeport pour 90 jours, puis demande au commissariat une carte d'immatriculation « visiteur », réservée à ceux qui vivent de leurs ressources sans travailler. Voir le visa du retraité.
Peut-on garder la Sécurité sociale française au Maroc ?
Oui. Le formulaire SE 350-07 vous inscrit à la CNSS marocaine aux frais de la France, et vous restez soigné en France pendant vos séjours si vous avez 15 ans d'assurance en France. En échange, une cotisation maladie de 3,2 % (base) et 4,2 % (complémentaire) est prélevée.
Quel est l'âge de la retraite au Maroc ?
60 ans pour les salariés affiliés à la CNSS, avec au moins 3 240 jours de cotisation pour une pension complète. Un projet de réforme présenté en mai 2026 le porterait à 63 ans par paliers ; il n'était pas en vigueur en octobre 2026.
Peut-on vivre 6 mois au Maroc et 6 mois en France ?
Oui, par séjours de 90 jours sans carte de séjour. Vous restez alors en général résident fiscal français : CSG et impôt français, sans la quasi-exonération marocaine. Voir la règle des six mois.
