Prendre sa retraite en Suisse : ce qu'il faut savoir en 2026
Un retraité français s'installe en Suisse sans visa, avec un permis B « sans activité lucrative », à condition de prouver des ressources supérieures au niveau des prestations complémentaires AVS : environ 3 300 CHF par mois à Genève (≈ 3 540 €) pour une personne seule. Avec une pension uniquement française, vous restez soigné grâce au formulaire S1, sans prime LAMal, et l'impôt suisse sur une pension moyenne est très bas.
Par Gérard Lamothe · chiffres vérifiés le 30 octobre 2026


La retraite en Suisse en 10 chiffres
Retraite en Suisse : ce qui coince, ce qui va
Ce qui coince
- Le seuil de ressources : une pension de 1 500 ou 2 000 € ne suffit pas, seul, à obtenir le permis sans épargne.
- Le logement : 0,93 % de logements vacants en Suisse, 0,31 % à Genève au 1er juin 2026.
- Avant 65 ans, la cotisation AVS « non actif » est due, calculée sur la fortune et 20 fois la rente.
- Le dentiste et l'EMS se paient de sa poche : les prestations complémentaires sont réservées aux rentiers AVS.
Ce qui va
- Un impôt très bas sur une pension moyenne : 59 CHF par an à Genève sur 2 000 € par mois.
- Plus de CSG : seule la cotisation maladie de 3,2 à 4,2 % reste prélevée en France.
- Le S1 vous dispense de la LAMal, dont la prime adulte moyenne atteint 610,6 CHF par mois à Genève en 2027.
- La France à côté : soins en France possibles avec le S1, même fuseau, français parlé en Suisse romande.
Votre budget français, converti en Suisse
À niveau de vie égal, 2 000 € de dépenses en France en valent environ 3 075 € en Suisse (≈ 2 860 CHF). Le logement coûte 75 % de plus, les restaurants 55 %, les courses 44 %.
C'est à peu près le repère que les cantons appliquent pour accorder le permis. Le détail pour 1 200, 1 500 et 2 000 € : budget d'un retraité en Suisse.
Votre cas : installé en Suisse, ancien frontalier ou encore actif
Vous partez avec une pension française
Permis B sans activité lucrative, S1 enregistré auprès de l'Institution commune LAMal, déclaration d'impôt suisse. Votre pension du privé est imposée en Suisse, une pension de fonctionnaire reste imposée en France.
Le détail : le permis du retraité et l'impôt sur la pension.
Ancien frontalier resté en France
Vos rentes AVS et LPP sont versées en France et imposées en France (convention de 1966, art. 20). Un capital LPP subit un impôt à la source suisse, remboursé sans intérêts si vous le demandez dans les 3 ans, avec la preuve de son imposition en France.
En France, ce capital peut être soumis à un prélèvement de 7,5 % après un abattement de 10 %, s'il est versé en une seule fois (art. 163 bis II du CGI).
- Pensions suisse et française : affiliation automatique au régime français
- Pension suisse seule : nouveau droit d'option LAMal ou France, définitif
Vous avez cotisé à l'AVS
Rente complète de 1 260 à 2 520 CHF par mois en 2026 (1 280 à 2 560 CHF en 2027), et une 13e rente versée pour la première fois en décembre 2026. Âge de référence : 65 ans, 64 ans et 6 mois pour une femme née en 1962.
Installé en Suisse avec une rente AVS, même petite, vous perdez le S1 : la LAMal devient obligatoire.
Travailler après 65 ans
C'est possible, en Suisse ou depuis la France. Après l'âge de référence, les 16 800 premiers francs gagnés par an échappent aux cotisations AVS.
Un frontalier retraité qui reprend un emploi a besoin d'un permis G ou, sous 3 mois par an, d'une simple annonce par l'employeur.
Partir à la retraite en Suisse : les étapes
Le S1 à votre caisse de retraite
Demandé à la CNAV (service Droit aux soins de santé), au service des retraites de l'État ou à la MSA : c'est lui qui vous dispense de la LAMal.
L'annonce d'arrivée
Dans les 14 jours à l'OCPM à Genève, à la commune en Valais ; souvent 8 jours en Vaud. Avec un bail ou une attestation du logeur.
Le dossier de ressources
Attestations de pension, relevés de fortune, S1. Le permis B coûte 65 CHF à Genève ; comptez 3 mois de traitement.
LAMal et caisse AVS
Inscription à l'Institution commune LAMal avec le S1, dans les 3 mois. Avant 65 ans, affiliation à la caisse AVS cantonale.
L'attestation de résidence fiscale
Demandée au fisc cantonal, envoyée à la CNAV et à l'Agirc-Arrco : la retenue française sur la pension s'arrête.

Avec 2 300 € de pension à Lausanne, le contrôle des habitants demande les relevés de fortune avant tout le reste ; l'épargne déclarée fait passer le permis. Si vous visez la Suisse, rassemblez vos justificatifs de patrimoine en France avant de chercher un appartement.
Les questions sur la retraite en Suisse
Un retraité français peut-il vivre en Suisse ?
Oui, sans visa : il obtient un permis B sans activité lucrative de 5 ans s'il prouve des ressources suffisantes et une assurance maladie. Le repère est le niveau des prestations complémentaires AVS, environ 3 300 CHF par mois à Genève pour une personne seule titulaire du S1.
Combien faut-il pour vivre à la retraite en Suisse ?
Pour une personne seule, comptez environ 2 800 CHF par mois à Neuchâtel, 2 900 à 3 000 CHF à Sion et 3 100 CHF à Vevey, loyer moyen compris et sans prime LAMal. Soit environ 3 000 à 3 350 €.
J'ai travaillé en Suisse et je vis en France : où est imposée ma retraite ?
En France, pour la rente AVS comme pour la rente LPP (art. 20 de la convention). Un capital LPP supporte d'abord un impôt à la source suisse, remboursable dans les 3 ans sur preuve de l'imposition française.
Peut-on travailler en Suisse à la retraite ?
Oui. Après 65 ans, les 16 800 premiers francs de revenu annuel ne supportent pas de cotisation AVS. Un résident de France a besoin d'un permis G, sauf pour moins de 3 mois de travail par an.
La libre circulation est-elle menacée pour les retraités ?
Pas aujourd'hui : l'initiative « Pas de Suisse à 10 millions » a été rejetée à 54,8 % le 14 juin 2026. La taxe d'immigration débattue avec les Bilatérales III n'est qu'un projet, soumis au vote du Parlement puis du peuple.
