Prendre sa retraite au Canada : ce qu'un retraité français doit savoir
Le Canada n'a pas de visa retraité : un Français à la retraite y passe au plus 6 mois par entrée comme visiteur, sans assurance maladie publique, sauf s'il obtient la résidence permanente, en pratique par sa famille. Sa pension française reste imposée en France (0 % de retenue jusqu'à 17 275 € par an après abattement), et au Québec, un retraité résident permanent a la RAMQ sans délai de carence.
Par Gérard Lamothe · chiffres vérifiés le 12 octobre 2026


La retraite au Canada en 10 chiffres
Retraite au Canada : ce qui bloque, ce qui marche
Ce qui bloque
- Aucun visa retraité, et le parrainage des parents (PGP) n'accepte plus de nouvelles demandes depuis le 15/07/2026.
- Entrée express ferme la porte après 45 ans : le barème CRS ne donne plus aucun point d'âge, ce qui rend la résidence permanente presque inaccessible sans famille ni emploi.
- Pas d'accord santé hors Québec : ni S1 ni régime provincial pour un visiteur, donc assurance privée ou CFE.
Ce qui marche
- La pension française n'est pas imposée au Canada : elle se déclare, puis se déduit à la ligne 25600.
- Le Québec en français, avec la RAMQ dès l'inscription pour un retraité résident permanent, grâce à l'entente France-Québec de 2003.
- Le super visa pour les parents d'un enfant citoyen ou résident permanent : jusqu'à 5 ans par séjour.
Votre situation : ce que le Canada vous permet
Six mois par an
Entrée sans visa avec l'AVE (7 $, valable 5 ans), séjour de 6 mois au plus par entrée. L'agent frontalier peut accorder moins : il regarde le billet retour et vos attaches en France.
- Pas de RAMQ ni d'OHIP : une assurance voyage pour toute la durée.
- Vous restez résident fiscal français, CSG comprise.
Parent d'un enfant installé
Le super visa (100 $ + 85 $ de biométrie) permet des séjours de 5 ans par entrée, sur 10 ans. Il faut une assurance médicale privée d'un an payée d'avance, et votre enfant doit dépasser un revenu minimum.
Le parrainage vers la résidence permanente (PGP) est en pause depuis le 15/07/2026, sans date de reprise.
Résident permanent au Québec
La RAMQ vous couvre dès l'inscription avec le formulaire SE 401-Q-207 de votre caisse française. Il faut ensuite vivre au Québec au moins 183 jours par an pour la garder.
Résident permanent ailleurs
En Ontario, l'OHIP couvre sans délai si vous êtes présent 153 jours sur 12 mois. En Colombie-Britannique, l'attente est du reste du mois d'arrivée plus 2 mois. Aucun accord santé avec la France : couvrez ce trou par une assurance.
Votre pension française, en niveau de vie au Canada
Le Canada coûte un peu plus cher que la France : il faut environ 1 635 € pour y vivre comme avec 1 500 € en France. Le loyer fait l'écart : un 3 ½ en nouveau bail coûte 919 $ à Sherbrooke, 1 327 $ à Montréal et 2 073 $ à Toronto.
Trois budgets détaillés : vivre au Canada avec 1 200, 1 500 ou 2 000 €, et les villes comparées dans où prendre sa retraite au Canada.

Beaucoup de retraités français rencontrés à Québec vivent en « oiseaux migrateurs » : de mai à octobre au Canada, l'hiver en France. C'est la formule la plus simple : aucun dossier d'immigration, la Sécurité sociale française gardée, une assurance voyage pour l'été. Comptez vos jours : au-delà de 6 mois, la prolongation se demande avant l'échéance, et le délai affiché dépasse un an.
Les questions sur la retraite au Canada
Peut-on prendre sa retraite au Canada quand on est Français ?
Oui, mais sans visa retraité. Vous pouvez y passer 6 mois par entrée comme visiteur, ou vous y installer si vous obtenez la résidence permanente, en pratique par un enfant ou un conjoint citoyen ou résident permanent. Le détail : le visa du retraité.
Quel revenu faut-il pour vivre sa retraite au Canada ?
Environ 1 500 € par mois pour une personne seule en location à Québec ou à Sherbrooke, 2 000 € à Montréal. À Toronto ou à Vancouver, un 1 chambre en nouveau bail coûte déjà plus de 2 000 $ (≈ 1 250 €).
Ma retraite française est-elle imposée au Canada ?
Non. L'article 18 de la convention France-Canada la réserve à la France, qui prélève une retenue à la source : 0 % jusqu'à 17 275 € par an après abattement, puis 12 %. Vous la déclarez quand même au Canada, puis la déduisez.
Un retraité français a-t-il droit à l'assurance maladie au Canada ?
Seulement comme résident permanent. Au Québec, la RAMQ le couvre dès l'inscription avec le formulaire SE 401-Q-207 ; ailleurs, l'attente va de 0 à 3 mois selon la province. Un visiteur paie tout : plus de 3 000 $ la journée d'hôpital.
Que disent les retraités français installés au Canada ?
Sur les forums d'Immigrant Québec et d'expat.com, ils citent surtout la difficulté d'obtenir la résidence permanente après 60 ans sans famille sur place, et le prix de l'assurance privée. Beaucoup finissent par alterner six mois au Canada et six mois en France.
