Acheter en Suisse quand on est Français : prix, Lex Koller, crédit
Un Français qui vit en Suisse avec un permis B ou C achète comme un Suisse, sans autorisation. Un frontalier ne peut acheter qu'une résidence secondaire près de son travail, un non-résident seulement un logement de vacances sous contingent. Le vrai filtre est la banque : 20 % de fonds propres et des charges calculées à 5 % d'intérêt théorique, pour des appartements à 17 165 CHF/m² à Genève (≈ 18 435 €) et 19 865 CHF à Zurich.
Par Gérard Lamothe · chiffres vérifiés le 28 octobre 2026

Les prix de l'immobilier en Suisse, ville par ville
| Ville | Appartement (CHF/m²) | En euros | Maison (médiane, CHF/m²) |
|---|---|---|---|
| Zurich | 19 865 | ≈ 21 335 € | 18 500 |
| Genève | 17 165 | ≈ 18 435 € | 14 765 |
| Lausanne | 14 103 | ≈ 15 145 € | 11 875 |
| Bâle | 11 733 | ≈ 12 600 € | 11 023 |
| Fribourg | 8 718 | ≈ 9 360 € | 7 632 |
| Neuchâtel | 8 648 | ≈ 9 285 € | 7 382 |
| Sion | 6 476 | ≈ 6 955 € | 6 060 |
Lex Koller : ce qu'un Français a le droit d'acheter
La loi sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger dépend de votre domicile, pas de votre nationalité.
Vous vivez en Suisse (permis B ou C)
Tout, sans autorisation : résidence principale, résidence secondaire, appartement à louer, terrain. Grâce à l'accord de libre circulation, un Européen domicilié en Suisse n'est pas une « personne à l'étranger ».
Si vous quittez la Suisse, vous gardez votre bien : aucune obligation de revendre. La révision de la loi mise en consultation en 2026 vise les acheteurs hors Union européenne, pas les Français.
Frontalier (permis G)
Sans autorisation : une résidence secondaire dans la région de votre lieu de travail, pour y dormir en semaine. À Genève, sur une parcelle de 1 000 m² au plus.
Pas d'investissement locatif, pas de second logement.
Vous vivez en France
Seulement un logement de vacances, avec une autorisation cantonale, dans les communes qui le permettent et dans la limite du contingent : 1 500 logements par an pour toute la Suisse, que la révision en cours veut ramener à 750.
200 m² habitables et 1 000 m² de terrain en principe, un seul logement par famille.
- Lex Weber : aucune nouvelle résidence secondaire dans une commune qui en compte déjà plus de 20 %, ce qui ferme la plupart des stations aux constructions neuves.
- Les locaux commerciaux s'achètent librement.

Le calcul de la banque pour un bien à 1 million de francs
Avec un taux fixe à 10 ans de 2,06 %, les intérêts réels d'un prêt de 800 000 CHF sont d'environ 16 500 CHF par an : la banque vous juge pourtant à 5 %. Le taux directeur de la BNS est à 0 % depuis juin 2025.
Les frais d'achat en Suisse, de 0,5 % à 5 % selon le canton
| Canton | Droits de mutation | À savoir |
|---|---|---|
| Genève | 3 % | 4 à 5 % de frais au total, notaire compris |
| Vaud | ≈ 3,3 % | 2,2 % cantonal + centimes communaux |
| Neuchâtel | 3,3 % | 2,2 % pour une résidence principale |
| Bâle-Ville | 3 % | 1,5 % au taux réduit |
| Berne | 1,8 % | Notaire et registre foncier en plus |
| Fribourg | 1,5 % | Plus une surtaxe communale possible |
| Valais | 1 à 1,5 % | Barème progressif |
| Zurich, Zoug | Aucun | ≈ 0,5 % de frais au total |
Vivre en Suisse et acheter en France
Le frontalier emprunte en France
Les banques françaises prêtent sur un salaire en francs, avec une décote de 10 à 15 % sur le revenu suisse, 35 % d'endettement et 25 ans au plus. Un prêt en francs supprime le risque de change, tant que vous restez payé en francs.
Les loyers d'un bien français
Imposés en France, à 20 % au minimum ou au taux moyen s'il est plus bas, plus 7,5 % de prélèvement de solidarité si vous êtes affilié à la Sécurité sociale suisse. La Suisse les exonère mais en tient compte pour le taux.
La plus-value à la revente
19 % d'impôt et 7,5 % de prélèvement de solidarité au lieu de 17,2 %, avec les mêmes abattements pour durée de détention qu'un résident français.
Le 2e pilier ne sert pas
Le retrait anticipé de la LPP ne finance que la résidence principale de l'assuré. Une maison de vacances en France se paie avec l'épargne libre.


Un bel avoir de 2e pilier sans épargne libre ne suffit pas : la banque refuse le dossier, car 10 % du prix doivent venir d'ailleurs que de la LPP. Une assurance-vie française peut combler l'écart. Faites ce calcul avant de visiter, pas après l'offre.
Les questions sur l'achat immobilier en Suisse
Un Français peut-il acheter une maison en Suisse ?
Oui, librement s'il vit en Suisse avec un permis B ou C. Un frontalier peut acheter une résidence secondaire près de son lieu de travail. Un Français qui vit en France n'accède qu'aux logements de vacances, avec autorisation et dans la limite du contingent cantonal.
Quel salaire pour acheter un appartement à 1 million en Suisse ?
Environ 177 000 CHF brut par an (≈ 190 000 €) et 200 000 CHF de fonds propres. La banque calcule les charges à 5 % d'intérêt théorique, plus l'amortissement et 1 % d'entretien, et refuse au-delà d'un tiers du revenu brut. Voir le salaire moyen en Suisse.
Peut-on utiliser son 2e pilier pour acheter en Suisse ?
Oui, pour sa résidence principale, à partir de 20 000 CHF de retrait. Mais 10 % du prix doivent venir d'autres fonds, et le retrait doit être remboursé si le logement est vendu.
Vivre en Suisse et acheter en France : où paie-t-on l'impôt ?
En France pour les loyers et la plus-value du bien français : 20 % minimum sur les loyers, 19 % sur la plus-value, plus 7,5 % de prélèvement de solidarité si vous êtes affilié en Suisse. La Suisse en tient compte pour fixer le taux de vos autres revenus. Voir les impôts en Suisse.
Les frais de notaire sont-ils aussi chers qu'en France ?
À Genève et dans le canton de Vaud, oui : 4 à 5 % au total. À Zurich, qui ne prélève aucun droit de mutation, on paie environ 0,5 %.
