Visa pour la Suisse : le permis qu'un Français doit demander
Un Français n'a besoin d'aucun visa pour vivre et travailler en Suisse. Avec un contrat d'au moins un an, il obtient un permis B valable 5 ans pour 65 CHF à Genève ou 70 CHF en Vaud (≈ 70 à 75 €), en s'annonçant dans les 8 à 14 jours. Le « visa travail » ne concerne que les non-Européens : pour eux, un titre de séjour français ne donne aucun droit de travailler en Suisse.
Par Clémence Aubry · chiffres vérifiés le 28 octobre 2026

Les permis d'un Français en Suisse, et ce qu'ils coûtent
| Situation | Titre | Durée | Prix à Genève |
|---|---|---|---|
| Mission de moins de 3 mois ou 90 jours par an | Simple annonce en ligne | 90 jours par année civile | Gratuit |
| Contrat de 3 mois à 1 an | Permis L | Durée du contrat | 65 CHF |
| Contrat d'au moins 1 an ou CDI | Permis B | 5 ans, renouvelable | 65 CHF |
| Rentier, télétravail pour l'étranger | Permis B sans activité | 5 ans, sous conditions de ressources | 65 CHF |
| Après 5 ans de séjour | Permis C | Illimitée | 120 CHF |
| Vous vivez en France | Permis G (frontalier) | 5 ans, retour chaque semaine | 65 CHF |
Obtenir son permis B : l'exemple de Genève
À Genève, on ne s'annonce pas à la commune mais à l'Office cantonal de la population (OCPM).
Le contrat signé
Un CDI ou un contrat d'au moins 365 jours. Pour un indépendant : plan d'activité, prévisions financières, inscription au registre du commerce.
L'adresse prouvée
Un bail ou, en sous-location, l'attestation du logeur (formulaire AL). C'est la pièce qui bloque le plus de dossiers.
Le dossier à l'OCPM
En ligne (e-démarches) ou par formulaire M : pièce d'identité, contrat, justificatif d'adresse. Le travail peut commencer dès le dépôt complet.
Photo et signature
Un rendez-vous biométrique, sans empreintes digitales pour un Européen. 65 CHF payables en ligne, par carte ou Twint.
La carte par la poste
Au format carte de crédit. Elle vaut aussi dans les autres cantons : un changement de canton coûte 55 CHF.

Les délais réels de l'OCPM à Genève
Non-Européen vivant en France : peut-on travailler en Suisse avec un titre de séjour français ?
Non, pas avec ce seul titre, même une carte de résident de 10 ans. Il reste quatre voies.
Conjoint d'un Français installé en Suisse
C'est la voie la plus simple. Le conjoint ou partenaire enregistré d'un Français qui vit en Suisse, quelle que soit sa nationalité, obtient un permis et peut travailler partout en Suisse. Les enfants de moins de 21 ans aussi.
S'il est soumis au visa, il le demande à la représentation suisse de son pays de résidence. À Genève, le regroupement familial prend 6 à 8 mois. Un concubin n'a aucun droit automatique.
Frontalier d'un pays tiers
Un permis G est possible avec un droit de séjour durable en France, un domicile en zone frontalière depuis 6 mois au moins et un emploi dans la zone frontalière du canton.
L'employeur doit prouver ses recherches sur le marché du travail. Le conjoint non européen d'un frontalier français n'a pas de droit évident : la justice genevoise l'a refusé en 2022 (ATA/42/2022).
Travailleur qualifié hors quota UE
Réservé aux cadres, spécialistes et personnes qualifiées, après priorité aux candidats suisses et européens. Contingent national 2026 : 8 500 autorisations (4 500 B, 4 000 L).
Genève dispose en 2026 de 149 permis L et 93 permis B de base. C'est l'employeur qui dépose la demande.
Détaché par une entreprise de l'UE
Possible pour 90 jours par année civile au plus, par simple annonce, si le salarié est intégré durablement au marché du travail européen, par exemple depuis 12 mois avec une carte de séjour.
Ce qui bouge pour la libre circulation en 2026
L'initiative « 10 millions » rejetée
Le 14 juin 2026, 54,8 % des votants ont dit non au plafond de population, qui menaçait l'accord de libre circulation. Tous les cantons romands l'ont refusée.
Les Bilatérales III au Parlement
Signées en mars 2026. Le Conseil des États exige la double majorité du peuple et des cantons ; le National doit encore trancher. Vote populaire attendu en 2027 au plus tôt.
Une taxe d'immigration en projet
Le 29 septembre 2026, le Conseil des États a validé une taxe d'au moins 4 000 CHF par ressortissant européen, payée par l'employeur, et un extrait de casier judiciaire. Rien n'est en vigueur.


À Genève, vous pouvez commencer à travailler dès que votre dossier complet est envoyé à l'OCPM, sans attendre la carte, sauf dans une profession réglementée. Gardez l'accusé de dépôt : c'est lui que votre employeur, votre banque et votre régie vous demanderont pendant les six à huit semaines d'attente.
Les questions sur le visa et le permis de travail en Suisse
Faut-il un visa pour travailler en Suisse quand on est Français ?
Non. Il faut un permis de séjour : L pour un contrat de moins d'un an, B pour un contrat plus long ou un CDI, G si vous restez vivre en France. Pour moins de 3 mois de travail, l'employeur fait une simple annonce en ligne, au plus tard la veille du premier jour. Si vous gardez votre domicile en France : le statut de frontalier.
Peut-on travailler en Suisse avec un titre de séjour français ?
Non pour un ressortissant hors Union européenne : son titre français ne lui ouvre pas le marché du travail suisse. Il peut passer par le regroupement familial avec un conjoint européen installé en Suisse, le permis G de frontalier d'État tiers, le contingent des travailleurs qualifiés ou un détachement de 90 jours.
Combien coûte un permis B en Suisse ?
65 CHF à Genève et à Neuchâtel (≈ 70 €), 70 CHF dans les communes vaudoises comme Romanel-sur-Lausanne (≈ 75 €), plus parfois une taxe communale : 20 CHF en Vaud, 40 CHF à Zurich. Les taxes ne sont pas remboursées en cas de refus.
Quand un Français obtient-il le permis C ?
Après 5 ans de séjour régulier et ininterrompu, grâce à l'accord d'établissement franco-suisse, contre 10 ans pour la plupart des autres nationalités. La naturalisation demande ensuite 10 ans de séjour au total, et la France comme la Suisse acceptent la double nationalité.
Peut-on vivre en Suisse sans travailler ?
Oui, avec un permis B sans activité lucrative : ressources suffisantes, assurance maladie et accidents complète. Pour un retraité, le repère est le niveau des prestations complémentaires AVS du canton. Voir prendre sa retraite en Suisse.
