Travailler en Espagne : trouver un emploi, et vivre en Espagne en travaillant en France
Un Français travaille en Espagne sans permis ni visa dès son arrivée : un NIE, un numéro de Seguridad Social et, après trois mois, le certificat UE à 12 €. Chômage : 9,87 % (7,58 % à Madrid, 14,56 % en Andalousie). Vivre en Espagne en travaillant pour la France reste possible, mais le salaire est imposé là où vous travaillez physiquement, et la Sécu bascule au-delà de 25 % de télétravail.
Par Rémi Tessier · chiffres vérifiés le 12 octobre 2026


Ce qu'il faut pour travailler en Espagne quand on est Français
Le NIE et le certificat UE
Le NIE figure sur le certificat d'enregistrement (12 €). Un contrat ou une attestation d'embauche est la preuve la plus simple pour l'obtenir.
Le numéro de Seguridad Social
Formulaire TA.1 à la TGSS ou en ligne sur Import@ss, gratuit ; l'employeur peut aussi le demander à l'embauche.
L'espagnol, et parfois le catalan
Indispensable hors centres d'appels et multinationales. Le catalan, le valencien, le basque ou le galicien sont exigés dans une partie des emplois publics de leur région.
Un diplôme reconnu si le métier est réglementé
Médecin, infirmier, sage-femme, dentiste, pharmacien, architecte : reconnaissance automatique. Ailleurs, l'employeur juge seul votre diplôme.
Où chercher, et quels secteurs recrutent
| Piste | Pour qui | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| InfoJobs | Tous profils | Le n° 1 en Espagne : 2,5 millions d'offres publiées en 2025 |
| LinkedIn, Indeed, Tecnoempleo | Cadres, tech, multinationales | Profils .NET, Java, IA, cybersécurité, cloud ; salaires +6 % en 2026 |
| Centres de support francophones | Débutants, reconversion | Barcelone, Madrid, Málaga, Valence ; 17 500 à 22 000 € brut par an |
| Tourisme et hôtellerie | Saisonniers | 96,8 millions de touristes en 2025, souvent en CDI « fijo discontinuo » |
| Assistants de langue | Francophones qui veulent enseigner | 800 € net par mois, candidature par France Éducation international |
| Santé | Infirmiers, médecins | Pénurie dans plusieurs régions ; langue régionale exigée dans le public selon la région |
| Service régional de l'emploi | Demandeurs d'emploi | SOC en Catalogne, SAE en Andalousie, LABORA à Valence ; le SEPE verse les allocations |
Vivre en Espagne et travailler en France : impôts et sécurité sociale
Quatre situations, quatre règles. La convention fiscale franco-espagnole de 1995 et le règlement européen 883/2004 tranchent.
Télétravail pour un employeur français
Impôt : les jours travaillés en Espagne y sont imposables ; les jours travaillés en France peuvent l'être en France. Il n'existe pas d'accord de tolérance entre les deux pays, et l'employeur court un risque d'établissement stable.
Sécurité sociale : sous 25 % d'activité en Espagne, vous restez au régime français ; jusqu'à 49,9 % avec l'accord-cadre européen et un formulaire A1 ; au-delà, régime espagnol.
Aller-retour : travail en France
Vous vivez en Espagne et travaillez physiquement en France : le salaire est imposé en France, puis déclaré en Espagne avec un crédit d'impôt, puisque vous y êtes résident (plus de 183 jours ou centre de vos intérêts).
Vous restez à la sécurité sociale française, et un S1 vous fait soigner en Espagne.
Frontalier
Le protocole de la convention maintient un régime frontalier : imposition dans le pays de résidence, sur attestation annuelle.
La zone et la délivrance de la carte frontalière ne sont pas documentées aujourd'hui : faites confirmer votre statut par le service des impôts avant de compter dessus.
Gérant de SARL ou d'EURL française
La rémunération du gérant d'une société française autre qu'une SA reste imposable en France, même si vous vivez en Espagne (protocole, point 13).
L'Espagne l'impose aussi et déduit l'impôt français : il faut déclarer dans les deux pays. Voir impôts en Espagne.
De l'offre à la première paie, dans l'ordre
Le U2 si vous êtes au chômage
Demandé à France Travail, il exporte l'ARE 3 mois (jusqu'à 6). Inscription au service espagnol de l'emploi dans les 7 jours.
La cita pour le certificat UE
Prenez-la dès l'arrivée : à Madrid et Barcelone, comptez 4 à 8 semaines d'attente selon des cabinets.
Le contrat
Le CDI est la règle depuis 2022. Période d'essai : 6 mois au plus pour un diplômé, 2 mois pour les autres (3 dans une entreprise de moins de 25 salariés).
L'alta et le modèle 145
Vérifiez votre déclaration d'embauche en téléchargeant votre relevé (vida laboral) sur Import@ss, et remettez le modèle 145 pour une retenue d'impôt juste.

Le télétravail « en cachette » depuis la Costa Blanca, c'est : pas d'A1, pas d'immatriculation en Espagne, et un salarié en règle ni pour la sécurité sociale ni pour l'impôt espagnol. Parlez-en à l'employeur avant de partir : l'A1 se demande en France, et il protège aussi l'entreprise.
Les questions sur le travail en Espagne
Peut-on vivre en Espagne et travailler en France ?
Oui. Si vous travaillez physiquement en France, votre salaire y est imposé, puis déclaré en Espagne avec un crédit d'impôt. Si vous télétravaillez depuis l'Espagne, les jours travaillés sur place sont imposables en Espagne.
Vivre en Espagne et travailler en France : où paie-t-on ses impôts ?
Résident espagnol, vous déclarez vos revenus mondiaux en Espagne. Le salaire d'un travail fait en France est imposable en France et l'Espagne déduit cet impôt. Un vrai frontalier est imposé dans son pays de résidence.
Faut-il un permis de travail en Espagne quand on est Français ?
Non. Il faut seulement un NIE, le certificat UE au-delà de 3 mois (12 €) et un numéro de Seguridad Social.
Combien de temps garde-t-on son chômage français en Espagne ?
3 mois, prolongeables jusqu'à 6, avec le formulaire U2 demandé avant le départ et une inscription au service espagnol de l'emploi dans les 7 jours.
La semaine de 37,5 heures est-elle en vigueur en Espagne ?
Non. Le projet a été rejeté au Congrès le 10 septembre 2025 et les Cortes sont dissoutes jusqu'aux élections du 29 novembre 2026. La durée légale reste de 40 heures. Voir salaire moyen en Espagne.
