Travailler au Canada quand on est Français : permis, métiers, embauche
Un Français ne peut pas travailler au Canada sans permis de travail : PVT, Mobilité francophone, permis lié à un employeur ou résidence permanente. Le marché ralentit en 2026 (6,5 % de chômage en septembre, 3 chômeurs par poste vacant), mais la santé, les métiers de la construction, le transport et les régions minières recrutent. Au Québec, le français suffit ; ailleurs, l'anglais est indispensable.
Par Rémi Tessier · chiffres vérifiés le 12 octobre 2026


Les secteurs qui recrutent des Français au Canada
La santé
Infirmiers (40 $ de l'heure en médiane au Québec), préposés aux bénéficiaires (25 $). Au Québec, un DEP de préposé avec bourse de 12 000 $ contre un an de travail.
Les métiers de la construction
Électriciens (41,30 $ au Québec), mécaniciens, soudeurs. Les postes vacants des métiers et du transport ont augmenté de 6 500 en un an.
Les régions minières et forestières
En Abitibi-Témiscamingue, moins d'un chômeur par poste vacant. Mineur de fond : 42 $ de l'heure ; bûcheron : 24 à 30 $, en saison.
L'éducation et la fonction publique bilingue
Suppléance au Québec, écoles d'immersion et postes bilingues du fédéral à Ottawa. Le français est un atout hors Québec.
Le permis qui vous autorise à travailler
| Permis | Pour qui | Liberté | À retenir |
|---|---|---|---|
| PVT | 18-35 ans, tirage au sort | Tout employeur, partout | 369,75 $, 24 mois ; 5 861 places en 2026 |
| Jeunes professionnels | 18-35 ans, offre dans votre domaine | Un employeur | 24 mois ; 1 900 places en 2026 |
| Mobilité francophone | Francophone, offre hors Québec | Un employeur | Sans étude du marché du travail (EIMT) ; pas au Québec |
| Permis avec EIMT | Offre validée par le fédéral | Un employeur | Bas salaire bloqué à Montréal et Laval jusqu'au 31/12/2026 |
| Résidence permanente | Sélection fédérale ou québécoise | Tout employeur, sans limite | 1 590 $ par adulte ; 6 à 13 mois |
Trouver un emploi au Canada, dans l'ordre
Les recruteurs hésitent face à un candidat encore en France. Préparez tout avant de partir, cherchez sur place.
Faire évaluer son diplôme
Évaluation comparative du ministère de l'Immigration du Québec (141 $) ou évaluation WES pour l'Entrée express (environ 264 $). Les délais se comptent en semaines.
Un CV à la canadienne
Format lettre, deux pages, sans photo, âge, état civil ni nationalité. Des réalisations chiffrées. Licence = baccalauréat.
Les salons de recrutement
Québec International recrute à Paris du 11 au 16 novembre 2026. Destination Canada (hors Québec) se tient en février, Journées Montréal Recrute en juin.
Les sites d'emploi
Guichet-Emplois (fédéral), Québec emploi, Jobillico en région, LinkedIn pour les cadres, Toronto et Vancouver.
Les références
Les employeurs appellent souvent deux ou trois anciens supérieurs. Prévenez-les, avec l'indicatif, et en anglais si besoin.
Langue et diplômes : ce qui change selon où vous travaillez
Au Québec
La loi 96 fait du français la langue du travail : offres, contrats et formations en français. Un employeur ne peut exiger l'anglais que s'il prouve en avoir besoin.
Dans les faits, beaucoup de postes de bureau à Montréal demandent un anglais fonctionnel.
Hors Québec
L'anglais est indispensable. Les niches francophones : le Nouveau-Brunswick (seule province bilingue), l'Est et le Nord de l'Ontario, la fonction publique fédérale à Ottawa.
Mobilité francophone et les tirages Entrée express en français avantagent les francophones.
Métier réglementé
Au Québec, 46 ordres professionnels encadrent 55 professions : infirmier, ingénieur, médecin, comptable, physiothérapeute… Il faut en être membre pour porter le titre.
L'entente France-Québec (2008) a créé des arrangements de reconnaissance mutuelle, métier par métier, parfois avec un stage d'adaptation. Hors Québec, chaque province a ses ordres, sans accord équivalent.
Contrat, préavis, congés : le droit du travail canadien face à la France
| Règle | Québec | Ontario | France |
|---|---|---|---|
| Rupture sans préavis | Avant 3 mois de service | Avant 3 mois de service | Pendant l'essai, 2 à 4 mois en CDI |
| Préavis de l'employeur | 1 à 8 semaines selon l'ancienneté | 1 semaine par année, 8 au plus | 1 à 2 mois et plus |
| Congés payés | 2 semaines, 3 après 3 ans | 2 semaines, 3 après 5 ans | 5 semaines |
| Démission | Pas de préavis légal, 2 semaines d'usage | 2 semaines d'usage | Selon la convention |

Sur votre CV, n'écrivez jamais « ingénieur » ou « infirmier » avant d'être inscrit à l'ordre : c'est un titre réservé au Québec, et un recruteur le remarque tout de suite. Écrivez « diplômé en génie (France) » et lancez l'inscription à l'ordre en parallèle de la recherche.
Les questions sur le travail au Canada
Un Français peut-il travailler au Canada ?
Oui, avec un permis de travail : PVT entre 18 et 35 ans, permis lié à une offre d'emploi, Mobilité francophone hors Québec ou résidence permanente. Sans permis, un visiteur ne peut pas travailler. Voir le visa pour travailler au Canada.
Comment trouver un emploi au Canada depuis la France ?
Par les salons de recrutement à Paris (Québec International du 11 au 16 novembre 2026), Guichet-Emplois, Québec emploi et LinkedIn. Pour un poste de bureau, la plupart des embauches se font une fois sur place.
Quels métiers sont recherchés au Canada ?
La santé, les métiers de la construction (électricien : 41,30 $ de l'heure au Québec), le transport routier (25 à 30 $), les mines (42 $) et l'éducation, surtout en région. Voir les salaires par métier.
Faut-il parler anglais pour travailler au Canada ?
Pas au Québec, où la loi fait du français la langue du travail, même si l'anglais aide à Montréal. Ailleurs, oui, sauf au Nouveau-Brunswick francophone et dans quelques postes bilingues.
Mon diplôme français est-il reconnu au Canada ?
Pour un métier non réglementé, l'évaluation comparative du Québec (141 $) aide les employeurs. Pour un métier réglementé, il faut passer par l'ordre professionnel ; au Québec, l'entente France-Québec simplifie la démarche.
