Travailler au Japon : trouver un emploi quand on est Français
Le Japon manque de bras : 2,5 % de chômage et 1,18 offre par demandeur en août 2026. Pour un Français, la barrière n'est pas le marché mais le visa et la langue : il faut un employeur qui demande votre statut de résidence (licence ou 10 ans d'expérience), et hors de l'informatique, de l'enseignement et des groupes étrangers, un japonais de niveau JLPT N2. Les portes réalistes : mutation ou VIE, informatique, enseignement, et le PVT avant 31 ans.
Par Rémi Tessier · chiffres vérifiés le 2 novembre 2026


Le marché du travail japonais en chiffres
Les secteurs où un Français trouve du travail au Japon
| Secteur | Japonais exigé | Repère de salaire |
|---|---|---|
| Informatique, data, cybersécurité | Souvent non à Tokyo | ≈ 5,79 M JPY par an en moyenne |
| Groupe français (luxe, auto, énergie…) | Variable ; mutation ou VIE | Contrat du groupe |
| Enseignement de l'anglais (ALT, JET) | Non | 2,4 à 3,36 M JPY par an |
| Enseignement du français | Non | Payé à l'heure ; temps pleins rares |
| Hôtellerie, tourisme | Oui, le plus souvent | Proche du minimum horaire |
| Cuisine, pâtisserie française | Selon le poste | Statut cuisinier : 10 ans d'expérience |
| Recherche, université | Souvent non en laboratoire | Statut chercheur ou professeur |
| Soins (infirmier, aide-soignant) | Oui, examen en japonais | Diplômes français non reconnus |
Décrocher un poste au Japon depuis la France
C'est l'employeur qui lance le visa : cherchez avant de partir, pas une fois sur place.
Diplôme et japonais
Préparez les copies du diplôme et du relevé de notes en anglais. Passez le JLPT, organisé en juillet et en décembre, aussi en France.
Les bons canaux
LinkedIn, Daijob, CareerCross pour les postes bilingues ; Japan Dev et TokyoDev en informatique ; la CCI française du Japon ; Mon VIE.
Les entretiens
En entreprise japonaise : CV au format japonais avec photo (履歴書) et souvent 3 à 5 entretiens. Les recruteurs sont payés par l'employeur.
Le contrat, puis le COE
L'employeur demande votre certificat d'éligibilité au Japon : 1 à 3 mois. Vous retirez ensuite le visa au consulat.
Le parcours complet du visa et ses tarifs 2026 : visa et titre de séjour au Japon.
Vivre au Japon sans travailler : les seules voies possibles
Hors travail, études et famille, le Japon n'accorde presque aucun séjour long. Il n'y a ni visa de rentier ni visa retraité.
Long séjour touristique
Pour les nationalités exemptées de visa, dont la France : 30 M JPY d'épargne (≈ 169 000 €) visibles sur 6 mois de relevés, 60 M JPY si le conjoint voyage séparément, et une assurance privée.
6 mois, renouvelables une fois : un an au maximum. Aucun travail, pas de carte de séjour, pas d'assurance maladie publique.
Visa nomade
Vous travaillez, mais pour l'étranger : 10 M JPY de revenu par an (≈ 56 400 €), 6 mois non renouvelables. Voir le visa nomade au Japon.
Étudiant
Une école de japonais ou une université donne un statut d'études, renouvelable, avec 28 heures de travail par semaine autorisées sur demande. C'est la voie des plus de 30 ans sans employeur.
Conjoint de Japonais
Le seul statut durable sans condition de travail ni de revenus propres, mais il exige un mariage légal. Le PACS n'est pas reconnu.
Ce qui surprend dans une entreprise japonaise
Les heures sup forfaitaires
Beaucoup d'offres incluent des heures supplémentaires dans le salaire affiché (固定残業代), souvent « 30 heures incluses ». Lisez la ligne avant de comparer.
Des congés peu pris
Depuis 2019, 5 jours de congés doivent être pris chaque année. Les vraies vacances restent la Golden Week, Obon à la mi-août et le Nouvel An.
L'ancienneté avant tout
Recruté à 30 ans sans carrière japonaise, un étranger démarre souvent au salaire d'un jeune diplômé. Les sociétés étrangères y échappent.
Le keigo
La langue de politesse et les codes des mails comptent autant que le niveau oral : c'est elle qui ferme les postes de bureau aux non-natifs.


Le chemin qui réussit le plus souvent : un PVT ou un VIE, un employeur trouvé sur place, puis un COE de travail. Arriver en touriste pour chercher marche aussi, mais il faudra ressortir du pays pour retirer le visa.
Les questions sur le travail au Japon
Peut-on travailler au Japon sans parler japonais ?
Oui en informatique, en entreprise étrangère, en recherche et dans l'enseignement des langues, surtout à Tokyo. Ailleurs, les employeurs attendent au moins le niveau JLPT N2, et N1 pour un poste de bureau en entreprise japonaise.
Quel diplôme faut-il pour travailler au Japon ?
Une licence au minimum pour le statut de travail le plus courant, en rapport avec le poste. Sans diplôme, il faut prouver 10 ans d'expérience, ou 3 ans en traduction et enseignement des langues. Un BTS ou un DUT est examiné au cas par cas.
Peut-on vivre au Japon sans travailler ?
Un an au maximum avec le long séjour touristique, qui exige 30 M JPY d'épargne (≈ 169 000 €), ou 6 mois avec le visa nomade en travaillant pour l'étranger. Au-delà, il faut étudier, travailler ou être marié à un Japonais.
Comment trouver un travail au Japon quand on est Français ?
Par une mutation ou un VIE dans un groupe français, par LinkedIn, Daijob ou CareerCross, ou par les sites spécialisés en informatique. L'employeur doit accepter de demander votre COE.
Peut-on chercher un emploi au Japon en touriste ?
Oui, passer des entretiens pendant les 90 jours sans visa est permis, pas travailler. Une fois le contrat signé, l'employeur demande le COE et vous retirez le visa au consulat, en général depuis la France.
